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27 juillet 2005 3 27 /07 /juillet /2005 00:00

Je dépose aujourd'hui ce texte. Je choisis un instant de ma vie. Des moments magiques et tragiques. J'espère que cet écrit  vous plaira car il parle d'amour, de  nostalgie, de promesse.
En avant les souvenirs en avant pour l'histoire d'un ange !

Souvenir de jeunesse


Tout commença le mercredi 8 septembre 1993. J'entrais dans une nouvelle école pour préparer un BEP (Brevet d'Etudes Professionnel). Je ne connaissais personne, pas l'ombre d'un ami ou d'un ancien camarade. Pour une fois en avance, j'attendais devant la porte de la salle de mon cours d'Allemand.
Adossé contre le mur, timidement  j'observais tout autour de moi. Il n'y avait encore personne, enfin presque personne. Seule une fille, très mignonne qui plus est, attendait tout comme moi. Et je dois avouer, que dès qu'elle avait le dos tourné, j'en profitais pour l'observer, pour la déshabiller du regard des pieds à la tête. C'était une fille simple, à la beauté singulière. Une silhouette élégante, un visage aux traits fins. Je ne saurais continuer de la décrire avec des mots, elle était chaleureuse, attirante, séduisante !
Mais dès le premier instant, c'est son regard qui m'intriguait, un regard doux, tendre !

 

 

 

D'ailleurs, alors que je continuais à m'évader dans mes pensés, son regard se porta vers moi. Quand enfin je redescendais sur notre petite planète bleue, je compris qu'elle m'observait également, inévitablement, nos regards se sont croisés.
Cet instant reste aujourd'hui encore profondément gravé en moi !
Intimidé je baissais la tête,  feintant d'observer un point fixe du sol.
Mais elle s'approcha de moi, pencha sa tête en dessous de la mienne et me fixa à nouveau droit dans les yeux. Je crois que j'étais extrêmement gêné !
Elle prit la parole :

" Toi aussi c'est ton premier jour ici, ça fait bizarre de voir pleins de nouvelles tête, hein ? Moi je trouve ça un peu déroutant, pas toi ? ".
Le seul son qui sortit de ma bouche fut un petit "heu, oui..." étouffé. Puis elle se redressa, se tenant maintenant bien droite, de manière exagérée, elle me tendit sa main, en prononçant avec un voix "robotique" :
" Je m'appelle Danièle, joyeuse habitante de Wegsheid et je suis contente de faire connaissance avec un de mes futurs camarade de classe ! ".

Elle était vraiment marrante et pas timide du tout ! Elle a su tout de suite me mettre à l'aise, et je voulais sincèrement  lui répondre avec autant de panache !


Moi, à l’inverse j'étais quelqu'un de très timide (avec les filles), mais j'entrais dans son jeu !

Je fis un pas vers elle, exécutant une révérence. Puis je relevais la tête en prononçant :

"Mathias pour vous servir damoiselle !".

Elle se mit à rire et moi aussi. C'est ainsi que s'érigea la première pierre de notre amitié !
Je pense que si quelqu'un nous avait vu, il nous aurait trouvé bien ridicule, mais qu'importe, c'était si magique !

Pourtant, durant ces deux années scolaires nous n'avons pas tellement conversé tous les deux. Mais à chaque fois que nous étions seuls, des discours endiablés s'enchaînaient ! Elle aimait énormément le dessin, et moi je voulais toujours lui faire plaisir, alors je m'appliquais toujours plus, je crois que si aujourd'hui je dessine bien, c'est aussi grâce à elle. A plusieurs reprises elle m'a demandé si j'allais quitter le monde de la BD pour me mettre à faire des portraits de gens que je connaissais. Bien entendu, je n'avais pas le niveau, je répliquais toujours :
" Mais je ne suis pas assez doué ! J'suis juste un artiste de pacotille ! ".
Elle insistait :
"Bah, tu n'as cas dessiner une fille de pacotille, dessine moi ! Là en tout cas, tu ne pourras qu'améliorer le personnage !"

La dessiner, elle que je trouve si séduisante, si belle, ce n'était même pas pensable, on ne retranscrit pas une personne aussi chouette et déroutante quand on sait à peine aligner deux traits !
Mais à chaque fois elle revenait gentiment à la charge, observant mes derniers dessins :
"Ah, cette fois tu as vraiment un bon niveau, les portraits ça va être pour bientôt hein ?".
Elle souriait et j'en tremblais !

Puis le temps passa et ces deux années touchèrent à leur fin. Durant cette période elle fut ma meilleure amie de tout l'établissement.

L'amour pour elle avait eu tout le temps de grandir, et par opposé, ma timidité, petit à petit s'envolait.
J'étais toujours joyeux en sa présence. Et même si nous parlions rarement ensemble, nos discours étaient toujours d'une grande amitié, grande sincérité !
Et le dernier jour de classe arriva.
Il était grand temps de prendre mon courage à deux mains !
C'est ainsi, que le coeur noué, je me suis approché d'elle. J'allais enfin me libérer des sentiments que je lui portais.
Le dernière sonnerie retentit, je m'approchais d'elle :
" Tu sais Danièle, tu vas trouver ça super bête, mais fallait que ça arrive. Hein ! Je crois que sincèrement... je suis... enfin c'est idiot à dire...".
Intriguée elle questionna :
" Tu es ? "
" Je suis amoureux de toi ! "
Puis comme pour me protéger j'ajoutais avec un grand sourire benêt :
" Mais c'est ta faute hein ! Fallait pas être aussi sympa ! "
Elle rigola, puis ajouta :
" Vraiment, je sais pas quoi dire. Enfin je pensais que tu m'aimais comme une copine sans plus. Mais tu sais,  je suis déjà avec quelqu'un, que j'aime beaucoup ! Je t'adore aussi, mais c'est pas pareil, je ne voyais pas du tout cela ainsi ! ".

Un silence s'installa, la tristesse se lisait dans mes yeux. Au bout d'un instant, elle continua :
" Mais tu sais l'avenir n'est jamais tracé ! Qui sait ce que je ressentirai pour mon copain dans un an. Personne ne connaît d'avance son destin ! ".
Elle réfléchit un peu, elle avait l'air vraiment songeuse. Enfin, elle reprit la parole :
"Et si on faisait un marché, un secret rien qu'entre nous deux. Nous allons chacun de notre côté poursuivre notre vie, et quand tu estimeras avoir fait assez de progrès en dessin. Tu viendras avec mon portrait. D'ici là tout sera peut être différent, tu te rends compte si je suis célibataire ! Là, si je craque pas pour toi c'est que vraiment j'ai un coeur de pierre ! ".


Elle me dit cela avec une sincérité qui me toucha vraiment, j'avais envi de la serrer dans mes bras, de lui voler un baiser, mais finalement, rien, je me suis juste retiré, avec le sourire, lui souhaitant quelques banalités, "bonne chance pour la suite de tes études" et "bonne chance pour la suite de la vie" suivit d'un " je reviendrais hein !".
Voilà comment se sont terminées ces deux années, deux horribles années scolaires dans un établissement que j'ai détesté. Elle était l’unique lueur de ces sombres années. Danièle avait ce don, le don de me charmer, d'apaiser mes tristesses, mes colères !

Les années se sont écoulées, et souvent en dessinant je pensais à elle. Je me souviens même l'avoir croisée une fois dans la rue, jamais je n'aurais penser, que ce petit salue qu'elle m'avait adressé serait le dernier !

Encore quelques années plus loin, à force de persévérance j'ai fait beaucoup de progrès et je commençais à maîtriser correctement l'art du crayon !

Et, un soir, alors que j'avais enfin réussi un portrait, après, soulignons le, plus d'une vingtaine d'années d'existence sur cette terre, je me suis dit :
" Tiens si je contactais de nouveau Danièle, ça fait si longtemps, et notre promesse tiens toujours, en plus, je suis certain qu'en la revoyant aucun sentiment n'aura changé, et niveau dessin, maintenant je devrais  y arriver ! ".

Quelque jours plus tard le hasard m'a fait croisé une connaissance qui était dans le même établissement que Danièle et moi. On a parlé de tout et de rien. Puis vînt enfin le moment où je prononçais les mots qui étaient sur le bout de ma langue depuis un sacré moment !
" Et Danièle, tu la connaissais bien, tu la vois encore, elle va bien ? "
Son regard changea, elle souffla :
" Tu n'es pas au courant pour Danièle ? Elle a eu un accident de voiture. "
Un peu inquiet, je demandais :
" Rien de grave au moins ? "
Elle me regarda avec un visage profondément triste :
" Danièle est... morte le 21 novembre 1997 d'un accident de voiture ".
Je crois qu'à ce moment j'ai tellement eu mal au coeur que je n'ai même pas réussi à pleurer. Je ne me souviens que d'une chose, j'ai regardé par la fenêtre, et il s'est mis à neiger. Ce fut le premier soir enneigé de l'année. C'est un peu comme si elle aussi quelque part, pleurait. Tant d'années d'ignorance, j’avais si honte, j'étais si triste.

Quelques jours après, j'ai téléphoné à ses parents :
" Bonjour, je m'appelle Mathias, je suis un ancien camarde de classe de Danièle, je viens seulement d'apprendre la triste nouvelle, je... je sais pas quoi dire, je pensais souvent à Danièle. ".

" Mathias... attendez, vous êtes le dessinateur un peu poète ? Danièle me parlait souvent de vous ! Justement hier je me demandais si quelqu'un pensait encore à elle, vous savez plus aucun de ses amis vient nous voir depuis qu'elle est partie. Cela nous ferait plaisir que vous passiez nous rendre visite, comme ça nous pourrions parler d'elle. "

A travers cette invitation, j'ai senti tout le besoin qu'avait cette mère de parler de sa fille. C'est pourquoi, le week-end suivant je suis aller rencontrer celle qui donna le jour à Danièle. Partout, Il y avait des photos de sa fille, même si plusieurs années se sont écoulées depuis le tragique accident, elle était présente dans toute la maison.
Au premier étage, sa chambre était intacte. La seule différence venait qu'elle était entourée de centaines de fleurs ! Après plusieurs années, ses parents décoraient toujours sa chambre, c'était si beau, si triste. Je crois qu'aucun mot ne saurait retranscrire l'aura qui émanait de cette pièce.
Au milieu de la chambre, sur une table basse en verre, siégeait une grande urne noire. Dans ma tête je me dis "Voici tout ce qu'il reste de ton corps sur cette terre.". Sans laisser échapper un son, des larmes n'ont cessé de couler le long de mon visage. Et même maintenant, en écrivant ces quelques lignes, j'ai les yeux qui me piquent, j'ai du mal à me retenir de pleurer.
Nous avons beaucoup discuté, de pleins de tranches de vie. J'ai beaucoup appris sur elle, et vraiment, aujourd'hui je l'aime autant, voir plus qu'avant !
Puis avant de partir, elle me donna une très belle photo d'elle, souvenir de cette fille que j'ai aimé, souvenir de celle qui à jamais nous a quittés.

Une fois chez moi, il fallait que je m’occupe, que je pense à autre chose. Alors j’ai utilisé la photo pour réaliser son portrait. J'ai mis ensuite le dessin sous cadre avec une petite légende :
" Une promesse se joue du temps et du destin, voici le dessin que tu souhaitais, au revoir Danièle... ".
Ensuite j'ai donné ce modeste portrait à ses parents, je ne saurai dénombrer combien de fois ils m’ont remercié, ce portrait les a vraiment touché, et leur émotion me toucha également.

Et c'est ainsi, que s'achève mon rêve. Rêve d'une fille qui débordait de vie.  Rêve d'une fille qui est partie bien trop tôt...

________________________________________________________

Voilà mon histoire, je sais, ce n'est pas un joli conte…. ce n’est qu’une triste réalité.

Mais je te remercie, toi lecteur, pour ta curiosité. Dorénavant je ne serai plus totalement inconnu à tes yeux, car tu as lu l'histoire… mon histoire.

Mais il ne faut pas achever ce texte sur une note triste.

Les années ont passées, j’ai tourné la page.

Aujourd'hui je ne vis plus seul, à chaque instant de mon existance, je souris pour deux !

Les plus curieux d'entres vous peuvent m'écrire et me demander le fameux dessin… c'est avec plaisir que je vous le montrerai.

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21 avril 2005 4 21 /04 /avril /2005 00:00

Le Journal de Nos Vie


 

Chapitre 001 : Premier Ecrit

Aujourd'hui je glisse mes premiers mots dans mon journal intime. Je me souviens encore quand grand-père me l’avait offert. Je revois son grand sourire ridé ! Oh non ce n'est pas une critique, chacune de ses rides accentuait ses sourires.

Parfois je regrette de ne pas l'avoir mieux connu. Lui et moi nous nous sommes vu très rarement, trop rarement. La distance sans doute, et puis il voulait vivre en ermite.

Mes amis vont souvent manger chez leurs grands-parents. Cela ne risquait pas d'arriver avec papy. Qu'elle idée de se retirer du monde dans un chalet au milieu d'une forêt ! Pour vivre la fin de ses jours proche de la nature ? C'est ce qu'il affirmait, et dans le fond si tel était son désir.

 

Je me souviens bien de la veille de son départ vers son chalet. Comme à son habitude il riait, mais ce jour là, son sourire se stoppa net. Il avait pris une voix grave que je ne lui connaissais pas. Je pensais qu'elle annoncerait quelque chose de très important. Ses grands yeux me fixaient. Il ne dit mot pendant un court instant. J'étais à la fois impatiente et terrifiée.

Dans sa main il tenait un très beau carnet. Il se racla la gorge à plusieurs reprises, quand enfin il prit la parole :

 

 " Ma petite Marie, tu écriras dans ces pages pleins d’instants magiques de ta vie ! Tes premiers amours, tes grandes colères, tes secrets, tes peines. Et d'où je serai je pourrai te lire et cela me fera le plus grand bien ! Alors tu me promets de ne pas laisser ces pages blanches au fond. dans un tiroir. Avec une plume laisse une trace de ta vie ! ".

 

Il se concentrait de toutes ses forces pour ne pas laisser sa main trembler. Et il y arrivait ! Son bras tendu ne laissait défaillir aucun mouvement. Il tenait fermement le précieux cadeau.

J'étais stupéfaite ! Je n'ai pas souvenir d'avoir vu une seule fois un geste aussi juste et majestueux. D'habitude il tremblait tellement ! Il me disait que c'était des fées invisibles qui lui tiraient le bras dans tous les sens, cela me faisait sourire !

Maman plus terre à terre  me racontait que grand-père avait une maladie, la maladie du Parking ou quelque chose comme ça.

 

Je viens d’avoir 12 ans aujourd’hui. Cette année il n’y aura ni fête, ni bon gâteau, ni sans aucun ami pour venir me le souhaiter d’ailleurs.

Maman pleure dans le salon et papa n’es pas allé travailler.

C’est la première fois que j’écris maladroitement dans mon journal intime.

Le souvenir de mes 12 ans sera à la fois la mort de mon grand père, et mes premiers mots dans ce carnet.

 

 

Mardi 19 mars 1991

 

Comme tu me l'as demandé Grand Père,

Je choisis une date importante pour commencer mon journal.

Tu vas me manquer. Savoir que plus jamais je ne te verrai me rempli d'effroi.

Aujourd'hui est un commencement et une fin.

Je voudrais te sourire, mais je n'y arrive pas.

Tu viens de partir, mais je sais que d'où tu es tu peux lire ces quelques mots, je t'aime grand père.

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6 avril 2005 3 06 /04 /avril /2005 00:00

Cette fois je ressors un texte de mon grenier. Il est plein de maladresses, mais suffisament touchant pour que l'on en oublie toutes ses erreurs de style. Et pour ceux qui suivent un peu ce Blog, oui ce texte rend hommage à une certaine Danièle.

Bonne lecture

Soif de réalité

Chaque soir avant de rejoindre le pays des songes, j'écoute les cliquetis de l'horloge murale.
Et je marche vers elle, elle m'attire, elle m'appelle. Mes pas suivent, lentement, la cadence des rouages du colosse de métal. Au bout de quelques foulée, je me trouve à son niveau. Je fais une halte. Le cadran indique que la vingt-troisième heure touche à sa fin. Bientôt, le temps laissera place à une nouvelle journée. Et comme à mon habitude, je reste debout, inerte, les yeux vitreux, et dans ma tête résonne ce "tic-tac" éternel.
Puis, petit à petit le son se dissipe, s'efface, il n'est bientôt plus que murmure. Mes yeux se ferment, laissant place a un monde passé que je me remémore, comme chaque soir, encore, encore...

__________

 Je me souviens de cet après midi, en 1997, la dernière semaine de novembre. Ce jour là, les premiers flocons de neige avaient fait leur apparition. Ils volaient en tous sens, certains s'échouaient au sol, ne laissant qu'un peu d'eau, d'autres habillaient le toit des habitations. Les cloches de l'église quant à elles, ne cessaient de sonner, elles lui rendaient un dernier hommage.
Je me dressais debout devant cette maison de Dieu. J'avais horriblement mal au cœur. D'ailleurs je ne voulais plus entendre ces sons religieux. Oui, je voulais que cela cesse, que toute cette cérémonie ne soit que mascarade, qu'un mauvais rêve.
Tout autour de moi, des gens pleuraient, d'autres marchaient solennellement ne laissant échapper de leur bouche, ni mot, ni sanglot. Quelque uns, peut être pour rendre crédible leur chagrin, murmuraient des bribes de phrases tristes de sens. A ma gauche des "c'est horrible", ou encore juste derrière moi des "elle n'avait que 21 ans !". Ces piailleuses m'épuisaient, c'est pourquoi je décidais d'entrer dans l'église, laissant derrière moi, les derniers chuchotements. La cérémonie commença. A cet instant les premières larmes perlèrent le long de mon visage.
Ce jour là ils étaient tous présent. Sa famille, ses amis, ses proches, ses camarades et voisins. En fait il ne manquait qu'une seule personne, elle. Mais elle ne viendra pas, elle ne reviendra plus jamais, je la savais, cela m'attristait.
Certains n'éprouvaient que de la mélancolie, d'autres se remémoraient certainement une multitude de souvenirs, instants passés avec la charmante fille qu'ils ont connu, la fille si douce, si joyeuse, que la vie vient de quitter.
Je hoquetais entre deux sanglots, mes larmes ne cessèrent de couler, ma vue se voila. Je passais plusieurs fois main sur le visage, mais ces petites gouttes du cœur glissèrent le long de ma joue, encore et encore.

__________

Le "dong" retentissant de l'horloge me fit sursauter, il est minuit.
Pourquoi je me repasse sans cesse le passé ? Pourquoi je pleure, aujourd'hui comme hier et, certainement, comme demain….
Doucement, je m'éloigne du couloir et de sa grosse machine du temps. Il ne me faut pas plus d'une dizaine de pas pour me retrouver face à ma chambre. La porte est déjà entre ouverte. Sans bruit, je me glisse au travers de son bâillement. Je m'approche de mon lit et je me laisse tomber. Mon corps s'enfonce dans les couvertures sans émettre le moindre son. Je tourne la tête, instinctivement, tel un automate, vers le petit cadre de verre. A nouveau mon regard se porte sur la photo qu'il renferme. Ah, cette fille, ce qu'elle pouvait être séduisante, attirante, mignonne, adorable, craquante !
Quand on aime quelqu'un du plus profond de son âme, on dit toujours qu'aux yeux de l'aimant elle est la plus belle, la plus rayonnante parmi toutes, je suis convaincu que cela est vrai. A travers cette petite photo, glissée dans un cadre doré, j'observe les traits d'un visage d'une extrême finesse. Un sourire d'ange, une bouche tendre et aimante et des yeux, qui laissent un regard si profond, si criard d'humanité. Un regard qui traverse les années, le temps. C'est comme si il se portait sur moi, et, par opposition, ses yeux sont pleins de mystères. Une mèche de cheveux d'or voile en parti ce regard aimant, cela donne part à une sensation irréelle, fantastique. Cette photo montre toute l'harmonie de cette fille.
Il se fait tard et je voudrais dormir. Hélas, je sais bien, qu'une fois de plus je ne trouverai pas facilement le sommeil. Mais mes paupières sont si lourdes, si lourde…
Je veux trouver le repos et tout ce que je peux faire c'est d'essayer de m'endormir. Lentement je referme les yeux, les évènements du passé ressurgissent à nouveau. Les mêmes instants reviennent, sans cesse, comme un disque rayé, dont le refrain résonne dans ma tête, encore et encore….

__________

 Je me retrouve au milieu de mes souvenirs, à l'endroit exact où ils s'étaient arrêtés. Les chants religieux commencèrent. Ces hymnes l'accompagnèrent, pour ce dernier voyage. Tout le monde avait la tête baissée. Etais-je le seul à lutter, le dernier à garder la tête haute, je voulais être avec elle, même si je ne faisais qu'accompagner du mon regard le cercueil qui renferme son corps, il fallait que je la regarde, une dernière fois !
Le bord de mes yeux était mouillé, je ne voyais plus distinctement ce tombeau de bois. Etait-ce un rêve, une illusion. Mais il me sembla la voir, juste devant moi, elle me fixait. Je frottais mes paupières, dissipant le voile que formaient mes larmes. Nul doute, c'était bien elle. Ma peine laissa place à l'intrigue, au doute. Maintenant je la voyais distinctement. Elle semblait éprouver la même nostalgie. Comme si elle se rendait enfin compte qu'elle venait de quitter son corps charnel. Elle observa chaque personne de la salle, comme si elle ne voulait oublier aucun visage. Elle désirait peut-être nous consoler, crier "Ne pleurer pas je suis là ! Ne sentez-vous pas mon âme vibrer si près de vous !". Ce jour là, l'atmosphère terrestre, si triste, lourde, pesante, me nouait la gorge, et elle apparaissait devant moi, me redonnant l'envie de vivre, l'envie de savoir, de comprendre.
Elle se dressait majestueusement, sa tête s'inclina légèrement. Ses cheveux glissèrent le long de son épaule. Puis elle se mit à chuchoter des bribes de phrases. Parlant de joie, de ne rien regretter, de la beauté de notre monde, de la tendresse de ses amis. Rêvais-je ?
Son regard se porta à nouveau vers moi, sa main se leva légèrement, comme un salut. Elle m'observa une dernière fois, m'offrant son sourire, si beau si rayonnant, puis… elle disparu, ne laissant plus que ce sourire au plus profond de mon cœur. Dans ma tête j'entendais souffler le mot " merci ", venait-il de moi, d'elle ? Qu'importe. Ce mot ne cessait de résonner, de m'envelopper d'une peine profonde. Mon cœur blessé n'a cesse de saigner encore et encore…

__________

 Longtemps j'ai cru à une hallucination. Que tout cela n'était pas réel. Que mon chagrin avait laissé libre court à mon imagination. Mais maintenant je suis convaincu que tout cela était vrai.
Je m'approche de la fenêtre, ma voiture brûle toujours devant chez moi. Un chat assis sur un muret observe également la scène. Ma vie pour sauver celle d'un chat, après tout pourquoi pas ?
Les cloches de l'église viennent de sonner. Aujourd'hui c'est pour moi qu'elles entonnent leur chant !
Un sourire amer se dessine sur mon visage. Il est temps que je la rejoigne. Ma vie terrestre n'a pas été beaucoup plus longue que la sienne. Mais cette fois nous allons nous rejoindre. Dans un monde ou le temps n'as plus d'importance, dans un monde ou la vie est infini.

Nouvelle de Crisis

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8 mars 2005 2 08 /03 /mars /2005 00:00

Je participe à un petit concours.
Il consiste à écrire une petite histoire effrayante en 700 caractères maximum (cela fait une dizaine de lignes).
Voici quelques histoires donnez votre avis !
Moi je les aime bien, mais est-ce effrayant ? Et laquelle préférez-vous ?

 

1. Feux d'Artifices


Moi c’est Théo, j’ai huit ans. Ma passion, ce sont les feux d’artifices.
Je suis tout excité à chaque fois que j’en vois un !
Le terrifiant "boum" me fait sursauter et ces grandes fumées dans le ciel me laissent rêveur ! Ensuite mon cœur bat la chamade, c’est fantastique !
Quand je croise un passant je lui indique toujours l’endroit d’où viennent les chouettes feux.
Et bien souvent, quand il s’engouffre dans le sentier, il a la chance d’en voir un !
Mais mon papa, lui, il m’interdit d’y aller. Il dit que c’est un dangereux champ de mines.
Voilà que quelqu’un  arrive. Je vais lui indiquer le chemin et avec un peu de chance, je vais voir un beau feu d'artifice !

 

2. Maman tu viens !


Ce fut une longue chute, j’ai senti l’air caresser ma joue, un bruit sourd, du sang chaud sur mon front et un mal de tête horrible... Puis, plus rien.
Tout cela parce que je poursuivais distraitement un papillon me prenant pour un chevalier traquant un dragon !
Aujourd’hui, ma maman me cherche et pleure chaque jour, elle me manque.
Ce soir pourtant, elle a dit qu’elle va venir me voir. Je suis tout excité et impatient !
Mais... pourquoi elle descend dans la cave et attache une grosse corde sur une poutre ?
Je la reconnais cette corde ! C’est celle de la balançoire du jardin.
D’ailleurs… voilà que maman se balance aussi…

3. Le dernier souffle


A mes yeux le dernier souffle est l'instant le plus intéressant de la vie.
Je ne suis pas un assassin à proprement parler, ce n'est que de la curiosité.
Je me souviens...
La crainte de mon patron avant que la lampe de bureau ne s'abatte sur son crâne.
Le sourire de mamie quand elle a bu mon verre empli de somnifère.
Le doux regard de ma femme qui croyait que je l'étranglais juste dans un jeu amoureux.
Les larmes de ma petite fille avant que je ne la jette par la fenêtre.
Hier mon avocat est passé me voir. Je me souviens juste de son étonnement... ahhh qu'elle belle expression.
Aujourd’hui on vient de me condamner à mort, j’espère qu’ils me donneront un miroir comme je leur ai demandé.

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